Pau, 5e RHC, 11 avril 1984, un exercice régimentaire sortant de l'ordinaire se prépare.
Sa mission : effectuer un trajet avec des jumelles à intensificateur de lumière (JVN
AN/PVS5) sur le parcours Pau, Lézignan, Saint-Laurent-la-Salanque, Port-la-Nouvelle,
Lézignan et avec un retour par Tarbes. Les escadrilles participantes sont composées
de SE3160 Alouette III, équipées de missiles SS-11, et de SA330B Puma.
Le briefing a lieu l’après-midi avec le capitaine Martinez, commandant l'EHAC 4.
Pour ma part, je dois embarquer dans l'Alouette III n°1280, de cette escadrille,
avec pour commandant de bord l’adjudant Vaille. Pour cette mission, un officier allemand,
Klein Becker, nous accompagne en tant qu'observateur. Pour la petite histoire, il
est bon de savoir que les adjudants Lefebvre et Vaille sont le premier équipage dans
l'ALAT, à tirer de nuit sous JVN. Le tir a eu lieu à la Buissière, au camp de Canjuers,
sur un blockhaus avec un missile antichar (un seul traceur avait été branché sur
le SS-11).
Comme d'habitude, le système D est mis à contribution. Dans la cabine, un rouleau
adhésif noir était posé à côté du manche pour permettre de cacher éventuellement
les voyants afin de ne pas être aveuglés en cas d’allumage. Le feu anti-collision
arrière était également scotché pour ne pas éblouir l’ailier. Chacun avait aussi
équipé son casque de bandes velcro pour tenir les JVN. Le décollage a lieu un quart
d'heure avant le coucher du soleil et, c’est aux environs de Tarbes, que nous passons
en configuration de combat de nuit avec les jumelles.
A Lézignan, durant le ravitaillement des Alouette, les Puma récupérent les CRAP,
déposés la veille.
Après cet intermède, les hélicoptère d'attaque se dirigent vers le site pétrolier
de Saint-Laurent-la-Salanque pour y détruire les réservoirs. Nos simulations de tirs
sont effectuées en stationnaire depuis les reliefs qui se situent à l’ouest des citernes.
Cette manoeuvre nous demande beaucoup de concentration. Puis, c'est le dégagement
vers le nord, en survolant les étangs, pour rejoindre le point de regroupement.
Au retour, nouvel arrêt à Lézignan pour ravitailler les machines mais aussi les hommes.
Un bon café nous attendait. Enfin, nous avons rejoint Pau en basse altitude, toujours
sous JVN, avec une récupération Spartiate à partir de Tarbes pour une finale radar.
Bilan, nous avons comptabilisé cette nuit, 30 minutes de vol de jour et 4 heures
10 de vol de nuit sous JVN. La météorologie était CAVOCK et la nuit était de niveau
2.
Xavier-Michel Conoir
A gauche, en place pour le départ. Remarquez sur chaque casque le nombre de bandes velcro pour tenir les JVN. Au centre, L'équipage de l'Alouette n°1280, Klein Becker,
l'observateur allemand, l'adjudant Vaille et le maréchal des logis-chef Conoir. A droite, Le capitaine Martinez, l'adjudant-chef Chauvière et le maréchal des logis-chef
Willefert, mécanicien de piste à l'EHAC 4. A noter, le rouleau d’adhésif noir à côté du manche. Il permettait de cacher les voyants afin de ne pas être éblouis en cas d’allumage.
(Photos Xavier-Michel Conoir.)
A gauche, le maréchal des logis-chef Willefert et le maréchal des logis-chef Conoir. L’autocollant de l’EHAC 4 est en bonne place sur la mallette. Au centre, briefing
du commandant Chican. A droite, Le lieutenant-colonel Battlo, l'adjudant-chef Shaeffer, l'adjudant-chef Chauvière, le commandant Chican, le maréchal des logis-chef Lefebvre
et le maréchal des logis-chef Conoir. (Photos Xavier-Michel Conoir.)