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Le 26 août 1956, six Bell 47G-2 du GH N°3 partent de Fès, au Maroc, pour rejoindre le GH N°2 à Sétif, dans l'est de l'Algérie. Ce détachement est aux ordres du capitaine Durand. Après avoir fait une escale à Guercif, les appareils arrivent le soir à Oujda, où les équipages passeront la nuit. Départ le lendemain pour Orléansville via Perrego. Bloqués trois jours par un tempête de sable, ils ne repartiront que le 31 pour effectuer le trajet Orléansville - Affreville – Bouira – Sétif. Pris en charge par le GH N°2, le peloton passe alors sous les ordres du capitaine Prat.  

Après une dizaine de jours d'attente, c'est le départ. Les Bell qui étaient codés dans la tranche allouée au GH N°3 (BA/BK) arborent maintenant un nouvel indicatif dans la série   MN à MS. Le 11 septembre envol des Bell pour La Réghaia via Bouira. Et le lendemain, tous se regroupent à Maison-Blanche, près d'Alger. Les essais d'appontage sur le "Léon Mazzella" débutent le 24. Une toile est tendue sur le pont d'envol pour faciliter l'adhérence.

Le peloton embarque ses appareils, le 25 octobre 1956, sur le cargo civil "Léon Mazzella". Cinq bell sont rangés en quinconce sur le pont, opération facilité par la configuration bipale de l'hélicoptère, le sixième occupant l'espace de pose. L'appareil se trouvant à cette place est obligé de fait, d'atterir en dernier et ensuite de s'envoler le premier. Le navire a été réquisitionné le 29 août, pour être transformé en porte-hélicoptères par la pose de plaques de tôle sur la plage avant et avec une plate-forme de secours à l'arrière. Parti d'Alger le 28 octobre, le cargo, dont la vitesse ne dépasse pas 6 nœuds, n'atteint l'embouchure du canal que deux semaines plus tard. Il est dans le convoi marchand lent MES 2, dit de renfort immédiat. Le navire arrive au large de Port-Saïd le 6 novembre et accoste le 10 à Port-Fouad, où il restera jusqu'au 22 décembre. Le peloton assure des missions de reconnaissance et de liaison dans le ciel égyptien, y compris dans le Sinaï, à la rencontre des Israéliens. Mais il opère aussi de nombreuses évacuations sanitaires, notamment en déposant des blessés sur le pont du navire hôpital "La Marseillaise". D'autres missions dont le ravitaillement en eau potable lui sont aussi confiées. Après avoir effectué par loin de 500 missions, en totalisant près de 200 heures de vol, le peloton est de retour à Alger le 31 décembre 1956.

 

Le peloton est reconnu unité combattante au titre de l’opération en Egypte, du 7 novembre au 22 décembre 1956. Curieusement, le "Léon Mazzella" qui sera par la suite interdit d’accostage dans tous les ports arabes, ne figure pas dans la liste des bâtiments civils reconnus combattants.

 

 

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Bell bâché sur le pont du "Léon-Mazzella" et, à droite, à quai à Port-Fouad (photos via Lucien Baucheron).
Alger, embarquement des Bell sur le "Léon-Mazzella". A noter, la bâche posée sur le pont pour faciliter l'adhérence.
A droite,  le Bell n°124, codé MO, vient de se poser (photos via Michel Salmon).
Le Bell codé MS décolle du "Léon-Mazzella",
dans le port d'Alger, fin décembre 1956.
Aux commandes, le capitaine Durand.
La cage grillagée sur le côté était destinée
à recevoir des jerricans lors de la mise en place du peloton,
puis les outils des mécanos et enfin, à Port Fouad,
un légionnaire armé d'un FM. (photo via Michel Salmon).
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